TECHNIQUE DE PRODUCTION DE POMME DE TERRE AU MAROC

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I)-       LES TECHNIQUES CULTURALES DE LA POMME DE TERRE

1)-La préparation du sol

-La préparation du sol consiste à assurer un bon contact entre la plant (ou tubercule) et le sol. La levée ainsi que le développement du système racinaire vont généralement tarder si le sol est mal préparé.

–  Le sol doit être préparé sur une profondeur d’au moins 25 à 30 cm .Une telle couche meuble favorise l’aération du sol, assure un bon développement racinaire et facilite le buttage .

-La réalisation d’un bon lit de semis peut se faire de la façon suivante :

-Labour moyen : 25 à 30 cm avec un charrue

-Epandage de la fumure organique et les engrais phospho-potassique que l’on enfouie à l’aide d’un cover-crop croisé.

-Confection des lignes ou billonnage. Ces travaux sont beaucoup plus faciles à réaliser dans un sol léger que dans un sol lourd . Dans un sol lourd les travaux du sol doivent se limiter à la couche supérieure suffisamment ressuyé. Une bon préparation des 10 premiers cm permettent une bonne couverture du plant.

2)-Fertilisation :

– Vu la durée du cycle végétatif très court(3 à 4 mois ) la rapidité de croissance et le système racinaire qui n’est pas assez profond ; la fertilisation demeure l’un des facteurs les plus importants pour une bonne production de la pomme de terre .

-Les éléments les plus importants pour la plant sont N-P-K-Mg et Ca.

Pour la production de 25 tonnes de pomme de terre (tubercule+ fanes), on exporte la quantité d’éléments suivante :

N………………………………………………………….160 kg/ha

P2O5……………………………………………………..45 kg/ha

K2O……………………………………………………..275 kg/ha

MgO……………………………………………………..50 kg/ha

CaO………………………………………………………70 kg/ha

-La pomme de terre est très exigeante en fumure organique , les besoins sont de l’ordre de 30 tonnes /ha. Cependant dans un sol pauvre en matière organique , cette dose peut être doublée. En effet pour éviter les risques de carence, la fumure organique doit être complétée par la fumure minérale.

2-1) Azote :

Elément fondamental pour la croissance de la plante. Le maximum d’absorption a lieu au moment de développement maximum de feuilles (50 à 80 jours après plantation).

L’Azote peut être appliqué sous forme de sulfate d’ammoniaque, vu son assimilation progressive , lors de la plantation.

Les formes nitrates, sont toujours fractionnées au cours de la culture vu leur solubilité rapide.

2-2) Phosphore :

Il intervient dans les phénomènes de floraison , fructification et maturation d’où son action comme facteur de précocité et de rendement.Le phosphore est difficilement absorbé par la plante. Pour delà il doit etre appliqué avant la plantation et sous la forme la plus assimilable telle que Superphosphate de chaux (18%) ou phosphate d’ammoniaque.

2-3) Potassium :

-Elément majeur pour la tubérisation . Il favorise  développement de la plante et augmente légèrement la résistance au froid. La carence  K causse des nécroses. La forme sulfate est plus préférable que la forme chlorure.

2-4) Dose et période d’application :

Fumure de fond :

Azote : 20 à 30 unité/ha soit 100 à 150 kg de sulfate d’ammoniaque à 21 %.

P2O5 : 150 unités/ha soit 850 kg de superphosphate à 18 %.

K2O : 180 à 200 unités /ha soit 375 à 400 kg de sulfate de potasse à 48 % .

Fumure de couverture :

Azote : 100 unités/ha soit 300 kg d’ammonitrate à 33,5% fractionnés en trois périodes :

-Levée.

-1 er     buttage.

-2 éme buttage.

-Remarque :

1-Les doses préconisées dans ce document ne sont que des moyennes et doivent être adaptées en fonction de la richesse du sol. Une analyse préalable du sol s’avère nécessaire afin d’évaluer le niveau de fertilité du sol .

2-L’application d’une fertilisation foliaire peut être utile en cas d’une attaque de gel afin de favorise la plante à reconstituer son feuillage.

2.5) Mode d’application :

Les éléments P et K sont généralement appliqués lors de la préparation du lit de semences, vu leur migration très lente. Cet apport peut être réalisé par épandage mécanique ou manuel. L’azote doit être localisé au niveau des billons, tout en évitant le contacte direct entre les plants et l’engrais.

3-Matériel végétal :

A/ Variétés :

-On classe les variétés selon leur type de culture :

-Culture de primeurs.

-Culture de saison et arrière saison.

– Pour les primeurs ; les principales variétés utilisées au Maroc sont : Nicola , Diamant , Roseval , Yasmina , Timate et Charlotte.

-Les variétés les plus utilisées en saison et en arrière saison sont : Desirés, Spunta , Diamant , Famosa , et kondor.

 b/ Classe :

-Pour chaque variété, le matériel végétal de multiplication est classé selon sa pureté variétale et son état sanitaire.

-On distingue :

Plants de pré-basse : il consiste les plants de famille de départ.

-Plants de basse         : classe super-élites et issues de plants de pré-basse.

-Plants certifiés          : classes A , B et parfois C issues de plants de basse E et SE .

-La production de pomme de terre de terre de consommation provient principalement du matériel variétal de la classe A et B. Le Maroc importe annuellement 25 à 35 000 T de semences certifiées (classe A et B) et d’une petite quantité d’environ 1000 T de classe E destinée à la multiplication des classe A et B.

c/Calibres :

-Les tubercules sont classés selon les calibres suivants :

28 à 35 mm

35 à 45 mm

45 à 55 mm

A 55 mm

4)-Plantation :

4.1) Préparation des plants :

-La plantation de la pomme de terre  ne peut avoir lieu qu’après la levée total de la dormance. L’utilisation des plants non germés est  suivi par un retard de l’émergence. Donne des plants mono tiges et par la suite un rendement faible.

-La préparation des plants doit conduire à :

-Une émergence uniforme et rapide.

-Des plants polytiges.

-Un rendement élevé.

-Pour assurer une bonne préparation des plants, il est nécessaire de procéder au retrait du frigo 2 à 3 semaines avant la plantation. En cas où la germination est déjà démarrée, il faut éliminer le germe apical afin d’accélérer les germes latéraux. Après la sortie du frigo les plants doivent être déposés dans un local bien aéré et éclairé ; ce a pour avantage d’obtenir des germes trapus, lignifiés, facile à manipuler au cours de la plantation.

4.2) Densité de plantation :

-La densité d’une culture de pomme de terre n’est autre que le nombre de tiges /m2. Pour une bonne occupation du sol, 15 à 20 tige/m2 parait optimal. Un plant de calibre 35- 55 mm pré-germé produit approximativement 5 à 6 tiges principales. Généralement en place 4 plants/m2. Avec  une distance de 70 cm entre lignes et 30 cm entre plants, on a besoin de 2000 à 2500 kg de semences par hectare.

4.3) Profondeur de la plantation :

-Pour obtenir une culture homogène, les tubercules doivent être plantés à une profondeur uniforme. La profondeur de la plantation dépond de : type de sol, conditions climatiques ; et de l’âge physiologique des plants. La plantation superficielle (5 à 6 cm) est préférée dans un sol lourd et humide là où les tubercules mères risquent de s’épuiser avant que les germes puissent atteindre la surface du sol. Inversement pour les sols à texture légère où les risques  de desséchement sont à craindre, une plantation profonde est conseillée ( 10 cm environ).

-Les plants physiologiquement vieux sont relativement faibles et s’épuisent rapidement. Il est préférable de les planter superficiellement dans u sol humide.

5)- Irrigation :

-L’eau joue un rôle important dans la croissance de la plante en assurant les mécanismes suivant :

-Transport des éléments minéraux.

-Transport des produits photosynthétique.

-Transpiration et régulation thermique au niveau des feuilles.

-En comparaison avec les autres cultures maraichères, la pomme de terre est très sensible à la fois au déficit hydrique et à l’excès d’eau. Une courte durée de sécheresse peut affecter  sérieusement la production. De même un excédent d’eau entraine l’asphyxie des racines et la pourriture des tubercules. Une forte humidité favorise ainsi le développement de mildiou. Des variations excessives de l’humidité du sol influence la qualité en provoquant la croissance secondaire des tubercules.

5-1) Dose d’irrigation :

-Les besoins hydriques de pomme de terre s’évaluent entre 400 à 600 mm selon les conditions climatiques, le type de sol et la longueur du  cycle.

 5-2) Fréquence d’irrigation :

-Au cours de la germination, la quantité d’eau nécessaire est faible. Le tubercule mère doit être  entouré du sol humide, mais pas mouillé de ce stade jusqu’à la formation des tubercules ( 60 à 90 jours) après plantation, l’irrigation doit être fait à un intervalle très court 6 à 7 jours en sol léger et 12 à 15 jours en sol lourd. Pour tous les types de culture (Primeurs ou saison ) on arrête l’irrigation 10 à 20 jours avant la récolte.

 5-3) Qualité d’eau d’irrigation :

-La pomme de terre est relativement sensible à la présence des sels. L’irrigation par aspersion avec de l’eau contenant su sel peut brûler les feuilles. La présence de 4 g/l de Nacl dans l’eau peut engendrer une réduction du rendement allant jusqu’à 50%.

6)-Opération d’entretien :

6-1)Buttage :

-Le buttage est défini comme étant l’opération qui consiste à ramener la terre, préablement  ameublé vers le billon pour former la butte .

-Cette opération consiste à :

-Couvrir les racines superficielles de la plante.

-Couvrir les tubercules nouvellement formés qui verdissent en contact de           la lumière.

-Couvrir les engrais azotés et potassiques appliqués au cours de la culture.

-Prévenir la culture de la teigne.

-Le 1er buttage se fait 2 à 3 semaines après levée. Les plants doivent être buttés de façon à être couvert au moins 10 cm de terre.

-Puis l’opération se répète chaque 2 à 3 semaines.

6-2)Binage :

-Pour une bonne production, la culture de pomme de terre  demande une terre propre. L’opération consiste à prélever tous les mauvaises herbes en passant entre les lignes avec la charrue et la sape entre les plants.

-Le 1er binage se fait 2 à 3 semaines après la levée, puis il se répète chaque fois qu’on irrigue. Il faut veiller à ne pas toucher le système racinaire et les tubercules  nouvellement formés.

II)-MALADIES ET PARASITES DE LA POMME DE TERRE :

-Comme toutes les cultures, la pomme de terre est soumis à l’attaque de plusieurs maladies et ravageurs occasionnant parfois des dégâts importants.

-Les principales maladies et ravageurs de la pomme de terre rencontrés au Maroc sont récapitulés comme suit :

1)-Maladies  cryptogamique :

-Mildiou

-Alternariose

-Rhizoctone noire

-Fusariose

-Verticilliose

2)-Maladies bactériennes :

-Galle commune

-Jambe noire

-Flétrissement bactérien

3)-Maladies virales :

-Au Maroc, les virus suivants ont été  rapportés sur la pomme de terre .

-Virus Y (polyvirus) ou PVY.

-Virus X (potexvirus) ou PVX.

-Virus de l’enroulement ou PLRV.

-Virus de la mosaïque de la luzerne AMV.

4)-Insectes ravageurs de la pomme de terre :

-Pucerons.

-Teigne.

-Noctuelles.

5)-Nématodes :

-Nématodes Gallicoles.

6)-Désordres physiologiques :

-Verdissement des tubercules.

-Croissance secondaire.

-Tubercules creux.

-Craquelures

-Boulage.

III) RECOLTE ET CONSERVAYION :

1)-Récolte :

-Le cycle des variétés les plus cultivées au Maroc est de 3 à 4 mois environ. La maturité est indiquée par le jaunissement des feuilles inférieures, desséchement des tiges et la fermeté de la peau de tubercule.

-L’arrachage peut être précoce pour un but commercial ou pour la pomme de terre de semences avant que les maladies virales envahissent la culture.

-En culture moderne on pratique le défanage (destruction de la végétation). Cette opération peut être faite soit chimique, soit mécanique. Elle permet de limiter l’extension des maladies et facilite la récolte.

-L’arrachage doit être fait dans un temps sec et ne pas laisser les tubercules trop exposés au soleil afin d’éviter le développement des taches noires et l’attaque par la teigne.

2)-Conservation :

-Pour assurer une bonne conservation seuls les tubercules non blessés sont à conserver. Puisque le tubercule est un fragment de tige vivante, il continue à vivre pendant la période de conservation. Afin de maintenir son processus de vie, il faut un bon contrôle de l’environnement ; température et humidité relative. Ces facteurs varient selon la destination du produit.

-Les conditions idéales de conservation sont les suivantes :

-Température :

-2 à 3° pour la pomme de terre de semences.

-4 à 5° pour la pomme de terre de consommation.

-Une température supérieure à 5 °© peut favoriser l’accumulation des sucres réducteurs : facteur responsable de la coloration brune de pomme frites.

-Humidité relative :

– 90 à 95° touts en évitant l’accumulation de CO2 par ventilation.

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